La Route de la Soie Solidaire 2009-2010: Porter l’espérance à une distance de 10.000 kilomètres (I)
Deux voyageurs ont parcouru l’ancienne Route de la Soie en bicyclette afin de remettre l’argent qu’ils étaient parvenus à réunir pendant quatre ans à une ONG du Népal. BH a voulu se joindre à ce voyage en accompagnant ces ‘aventuriers solidaires’ tout au long des 10.000 kilomètres sur leurs trekkings BH Mega.
Le pèlerinage d’Emilio Fernández et de Machus Rivaya a duré 326 jours. Ce couple d’Espagnols de Gijón a parcouru 13.000 kilomètres –dont presque 10.000 à bicyclette- pour se “retrousser les manches” et apporter une petite graine d’espoir à une petite ONG située dans le monastère Shechen, au Népal, en empruntant pour cela la millénaire Route de la Soie qui relie la Turquie à la Chine.
L’aventure d’Emilio et de Machus commençait le 26 février 2008 pour se terminer le 17 janvier 2010 –pour des raisons personnelles, ils durent paralyser le voyage durant deux mois et revenir en Espagne-, presque deux ans pour voir leur rêve enfin réalisé, pour remettre l’argent qu’ils étaient parvenus à réunir pendant quatre ans à la Fondation Karuna Asia, une ONG ‘perdue’ au milieu des hautes cimes du Népal.
Tout au long de ce périple par la Route de la Soie, les voyageurs ont traversé l’Espagne, la Turquie, l’Iran, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, la Chine, le Pakistan, l’Inde et le Népal, en visitant des villes historiques comme Istanbul, Téhéran, Boukhara, Samarkand, Khiva, Tachkent, Dushanbe, Bichkek, Islamabad, Lahore, Amritsar, Dharamsala, Rishikesh, Katmandu … Tout un mélange de cultures, de modes de vie, de religions, de climats et de terrains,…qui ont laissé chez nos aventuriers plus d’une anecdote et surtout un sentiment de satisfaction et de soulagement, une fois la traversée terminée. “Plus qu’orgueilleux, nous nous sentons soulagés d’avoir atteint notre objectif et de ne pas avoir déçu. L’orgueil est un poison à éliminer” commentent-ils avec conviction.
Durant le trajet, le groupe a franchi des cols à plus de 4.000 mètres, comme Khargush ou Akbaital, traversé des déserts et des plaines, comme le Takla-Makan ou le Pamir, en vivant mille et une anecdotes. Beaucoup de dures journées qui ont finalement abouti à une récompense. “Le voyage a été dur mais très édifiant, c’est impressionnant de voir et de vivre les différentes cultures” assure Machus, pendant qu’Emilio renchérit en disant qu’“une fois habitué à la vie sur la route, beaucoup de chose te paraissent normales ; maintenant, en voyant les photos et en me souvenant, je dirais que ça a été un voyage impressionnant”.
Pamir Highway
Presqu’un an de voyage, ça donne lieu à toutes sortes de moments, bons et mauvais. Machus n’hésite pas à assurer que les journées les plus dures furent celles de la traversée du Pamir, un plateau qui combine de hautes cimes et de grandes plaines, situé entre le Tadjikistan et le Kirghizistan (en pédalant sur la célèbre Pamir Highway, construite par les soviétiques pour pouvoir se déplacer dans cette région du monde abrupte et aride). “Là on a été obligé de descendre et de traîner la bicyclette” commente-t-elle. Pour sa part, Emilio ne parvient pas à décider quelle a été la journée la plus difficile du trajet, “il y en a eu tellement”, dit-il, “mais aucune vraiment limite”.
La difficulté et d’autres raisons font que Machus ne recommanderait pas ce voyage à quelqu’un qui n’est pas habitué à ce type d’aventures. Emilio, en revanche, est plus nuancé. “L’Asie Centrale, le Pakistan et certains endroits d’Inde et de Turquie ne sont pas très recommandables pour les non initiés, encore moins en bicyclette. Souvent tu te retrouves sans endroit où dormir ni restaurant dans le voisinage, sans eau ni électricité. Un voyage comme celui-ci n’est pas facile, en tous cas ce ne sont pas des vacances. Par contre, je recommande d’utiliser davantage la bicyclette comme moyen de transport et aussi de réaliser des voyages faciles, comme le Chemin de Saint-Jacques, ou parcourir l’Europe”. (...)
2008 - BH Bikes